jeudi 27 octobre 2011

Train d'enfer pour Ange rouge

J'ai pensé plusieurs fois ne pas pouvoir aller au bout. La première fois c'est quand je me suis confronté au style de Thilliez, les descriptions y sont par centaines, toutes plus colorées, plus surprenantes les unes que les autres, il suffit d'ouvrir une page au hasard pour tomber dessus "La porte baillait légèrement comme une mâchoire de piège à loup", "Les nuages cavalaient dans le ciel et le filet de l'obscurité s'abattit sur la capitale comme une gigantesque tache de pétrole". Train d'enfer pour Ange rouge - Franck Thilliez - Blog de Laurent Bogros Le Clézio La seconde fois c'est quand je me suis confronté de plein fouet au thème du livre. A côté le film SEVEN de David Fincher c'est une promenade de DORA L'EXPLORATRICE au petit matin, par contre, penchez pour HELLRAISER de Clive Barker et vous serez davantage dans le vif du sujet… si je peux m'exprimer ainsi .. :-( désolé ! Un flic dont la vie a explosée 6 mois auparavant suite à la disparition de son épouse, est devenu un flic sans âme, qui poursuit son travail avec son cadavre de corps qu'il traine chaque jour. Un appel, un nouveau crime, pas n'importe lequel, plutôt, .. pas n'importe quel crime. Train d'enfer pour Ange rouge va vous plonger au fil des pages, à une vitesse impressionnante, dans le sordide, le sado maso, l'horreur de la déviance sexuelle. L'auteur sans vergogne nous plonge dans cet univers où se côtoient X extrême, sévices corporelles, tortures, meurtres et mises en scènes macabres. L'histoire ? Vraiment très bien imbriquée, surprenante et déroutante, mieux que SEVEN avec ses 7 pêchés capitaux, on regrettera pourtant le manque de machiavélisme du meurtrier, presque le manque d'implication, le détachement dont il fait preuve à la fin face au commissaire. Est-il un vrai meurtrier ? Que cherche t-il ? C'est ma vraie difficulté en fin d'ouvrage, l'aveu du criminel. Train d'enfer pour Ange rouge peut dérouter, il est bien écrit. Dérouté par les description hautes en couleur de Franck Thilliez, j'ai appris à m'habituer, à leur trouver leur utilité, finalement on en vient à penser que c'est ainsi que chaque neurone du commissaire SHARKO réagit. Les scènes sont assez ignobles, l'imagination du tueur est sans fin, les souffrances infligées difficilement imaginables tant elles sont sans limites. Difficile dans ces conditions comme je l'écrivais en préambule, d'aller parfois au bout du récit. C'est pour cela que j'ai cité le film de Clive Barker, HELLRAISER. Ce film, clairement n'a pas été vu par tout le monde; déjà l'affiche ne vous pousse pas à y accompagner les enfants un mercredi après-midi. Mais quand en plus vous apprenez que le sujet est la recherche du plaisir absolu dans la douleur, … jusqu'à la mort… hmmm, comment dire, on passe non ? Le tueur, mâtiné de référence historique, enchaine les meurtres sordides, défie la raison dans des mises en scène de plus en plus insoutenables. Le final apporte son lot incroyable de surprises, donc on passe, vous découvrirez en lisant :-p En résumé je suis jaloux. Comment ne pas être jaloux de quelqu'un qui décide de se mettre à l'écriture (2002) et qui réussi ? Train d'enfer pour Ange rouge est une réussite, indéniable, elle cultive les références criminelles de notre époque, la surenchère démoniaque et technologique de notre dernière décennie. Les crimes y sont odieux, macabres. Peut-on d'ailleurs parler de meurtres ? Certes au final les femmes sont tuées, mais on retiendra plutôt la manière dont elles sont tuées, plutôt que leur mort, d'ailleurs la question est posée par le commissaire SHARKO lui même alors qu'il pense à sa femme qu'il devine en vie, vaut-il mieux qu'elle soit vivante ou morte si elle endure des sévices? La question est donc là, vaut-il mieux être mort. A n'en pas douter toutes les victimes auraient préférer anticiper sur leur agonie, qu'elle dure quelques heures, .. ou plusieurs mois !! Je suis décontenancé à la fin, le choix de Franck Thilliez est un choix, il faut l'assumer et l'accepter, je l'accepte, mais quelle surprise. Je ne sais pas, j'aurais je crois préféré un meurtrier complètement fou, un malade, dégoulinant de bondieuserie, cherchant à expurger les hommes et les femmes de tous leurs pêchés. Non, non ! Mercantile ? Frappé ? Homme d'affaire ? Pourquoi ? Je suis sans voix à la découverte des motivations du criminel, d'ailleurs … ? Il y a des motivations ? C'est très déroutant, tellement surprenant, tellement différent, mais si … tellement actuel !! Bonne lecture :-)

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